Un jour mon bébé viendra!

Plus ça rate, plus on a de chances que ça marche Les Shadocks

16 octobre 2010

Pourquoi on continue d'étudier de vieux auteurs, alors qu'on en a d'aussi beaux et plus faciles au XXIè siècle?

La bonne femme qui m'a dit ça ce matin, je lui aurait bien mis une paire de claques en lui disant ta gueule. De toute façon ne vous inquiétez pas, je lui ai bien fait fermer son clape-merde devant tout le monde, tellement qu'après, il y a même des gens qui sont venus me dire merci d'avoir défendu la littérature des siècles passés (si, si, je vous jure, j'étais tellement fière que j'ai failli me faire pipi dessus, mais j'étais au travail alors ça aurait fait mauvais genre je vous dis pas...)


Et du coup, pour me venger de celle pétasse, qui met Ronsard et Marc Lévy sur le même plan, je vous offre (non, ne pleurez pas de joie tout de suite, attendez le cadeau) le plus beau texte de la langue française qui raconte presque mot pour mot ma rencontre avec mon mari depuis le XVIème siècle:

"Au demeurant, ce que nous appelons ordinairement amis et amitiés, ce ne sont qu'accointances et familiarités nouées par quelque occasion ou commodité, par le moyen de laquelle nos âmes s'entretiennent. En l'amitié de quoi je parle, elles se mêlent et confondent l'une en l'autre, d'un mélange si universel qu'elles effacent et ne retrouvent plus la couture qui les a jointes. Si on me presse de dire pourquoi je l'aimais, je sens que cela ne se peut exprimer, qu'en répondant : « Parce que c'était lui, parce que c'était moi. »

Il y a, au-delà de tout mon discours, et de ce que j'en puis dire particulièrement, ne sais quelle force inexplicable et fatale, médiatrice de cette union. Nous nous cherchions avant que de nous être vus, et par des rapports que nous oyions l'un de l'autre, qui faisaient en notre affection plus d'effort que ne porte la raison des rapports, je crois par quelque ordonnance du ciel ; nous nous embrassions par nos noms. Et à notre première rencontre, qui fut par hasard en une grande fête et compagnie de ville, nous nous trouvâmes si pris, si connus, si obligés entre nous, que rien dès lors ne nous fut si proche que l'un à l'autre. Il écrivit une satire latine excellente, qui est publiée, par laquelle il excuse et explique la précipitation de notre intelligence, si promptement parvenue à sa perfection. Ayant si peu à durer, et ayant si tard commencé, car nous étions tous deux hommes faits, et lui plus de quelques années, elle n'avait point à perdre de temps et à se régler au patron des amitiés molles et régulières, auxquelles il faut tant de précautions de longue et préalable conversation. Celle-ci n'a point d'autre idée que d'elle-même, et ne se peut rapporter qu'à soi. Ce n'est pas une spéciale considération, ni deux, ni trois, ni quatre, ni mille : c'est je ne sais quelle quintessence de tout ce mélange, qui ayant saisi toute ma volonté, l'amena se plonger et se perdre dans la sienne ; qui, ayant saisi toute sa volonté, l'amena se plonger et se perdre en la mienne, d'une faim, d'une concurrence pareille. Je dis perdre, à la vérité, ne nous réservant rien qui nous fût propre, ni qui fût ou sien, ou mien."

Les Essais, livre Ier, chapitre XXVIII - Montaigne

La seule différence étant que nous étions un homme et une femme amoureux, pas juste deux hommes adultes tombés en amitié, mais pour Montaigne, l'amitié est plus élevé que l'amour, parce qu'il ne varie pas et est plus modéré que l'amour qu'on peut avoir pour quelqu'un. Et vous savez bien que jusqu'au XIXè siècle, être passionné, c'est mal, parce que ça pousse à des extrémités dont devrait nous garder la tempérance. N'empêche que, c'est beau Montaigne. Paolo_et_Francesca

Rendez-vous sur Hellocoton !
Posté par faithfullyyours à 17:58 - Me, myself and I [racontage de ma vie inside] - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

Commentaires

Poster un commentaire